Il était une fois, au pays des Fourmis, Obstinée, Reine de la Fourmilière Palace « MOIDABORD » classée 3 roumifs au célèbre guide des Logis Merveilleux.

Obstinée est fière de son royaume, de ses habitants les « Moifourmis » qui travaillent sans relâche ; elle croit que nulle part ailleurs ne peut exister une fourmilière plus belle, mieux organisée que la sienne.

Or, tandis que tout parait resplendissant,  les « Moifourmis » (jeunes et moins jeunes), semblent souffrir d’un mal mystérieux. Disputes fréquentes, baisse de rendement, formations de clans, désintérêt total pour la communauté ; bref, il y a de l’orage dans l’air ! Pourtant, à la moindre occasion, Obstinée loue et flatte ses ouvrières croyant ainsi les fortifier, leur donner courage. En vain.

Aujourd’hui, à quelques semaines du jour « j », Obstinée a l’âme en trouble ; elle est en colère ; comment se classer « meilleure fourmilière » si les ouvrières n’en font qu’a leur tête, deviennent individualistes, ne se soucient plus les unes des autres ! Dans le labyrinthe de la fourmilière, elle marche vite en bougonnant, soupire fort pour passer sa colère ; plus elle pense à la situation, plus la colère gonfle en elle et plus elle sent son cœur se serrer.

Sans s’en rendre compte, elle franchit le petit portillon menant à la sortie.

Bonjour, dit une voix

Elle se retourna surprise et vit un vieux Scarabée  qui la regardait.

Prise de panique, elle voulut fuir mais il la retint doucement.

Qui es-tu ? Que me veux-tu ? demande Obstinée d’un ton glacial.

A ta première question je réponds : Aimé, l’Ancien, de la chaleureuse famille des Scarabées ; à la seconde, je réponds : j’ai entendu ta colère ; bienvenue, repose-toi un peu, calme toi et on parlera. Je suis là pour montrer le chemin à qui le cherche.

Me calmer dit Obstinée ; me calmer ! Comment le puis-je ? Un mal mystérieux règne dans mon royaume ; c’est le chao et cela compromet grandement ma première place à l’élection de la meilleure fourmilière.

Le mal mystérieux dont souffrent les ouvrières, toi seule à le remède mais là, tes yeux sont brouillés, tu ne vois pas clair dit Aimé l’Ancien.

Tu  es une belle âme, pleine de sagesse, de compassion et d’amour. Si tu te sens prise au piège, c’est parce que tu as créé ta propre prison. Il est temps de te libérer et d’autoriser les rythmes sacrés de la vie à s’écouler un peu plus à travers toi. Parfois, poursuis l’Ancien, le véritable but des choses est caché à notre vue ; une situation ne semble pas avoir de sens sur le moment, mais elle en aura prochainement.

A ces propos, Obstinée est décontenancée ; personne ne lui avait encore parlé de la sorte. Ses parents lui avaient toujours enseigné que, pour dépasser toutes les difficultés, il fallait dominer, montrer son pouvoir, imposer à l’autre son chemin, ainsi, elle serait toujours vainqueur.  Elle s’effondra et pleura à chaudes larmes. Epuisée, elle s’endormi.

Le lendemain, quand Obstinée se réveilla, Aimé était là ; il l’avait veillé toute la nuit. Après s’être restaurée quelque peu et repris des forces,  elle demanda : « éclaire-moi sur le sentier de la Vie »

 Je veux bien te donner certaines indications, dit Aimé ; cependant, mes paroles s’évanouiront ; tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair.

Sur ta route, tu feras beaucoup de rencontres ; tu souhaiteras peut-être changer le monde, les autres et peut-être toi-même. Ne cherche pas à t’en détourner car tu seras condamné à revivre ce que tu auras fui. Je ne t’en dis pas plus. Va, suis cette route, là, devant toi ; et il disparut.

Comme le vieux scarabée l’avait prédit, un besoin irrésistible poussa Obstinée à mener ses premiers combats d’abord en voulant conquérir, modeler la réalité selon son désir. Elle s’insurgea contre tout ce qui pouvait la déranger, lui déplaire chez ses semblables. Elle chercha aussi à combattre ses imperfections, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en elle. Elle réussit à changer certaines choses mais d’autres lui résistèrent. Elle retrouva l’ivresse du conquérant  mais pas l’apaisement du cœur.

Pendant ce temps, à MOIDABORD, flottait comme  un air de changement.

Une fois la disparition d’Obstinée remarquée, les « Moifourmis » ne savaient plus où donner de la tête. Qu’allaient-ils devenir ! La peur envahie toute la communauté.

A quelques lieux de là, Obstinée rencontra à nouveau le vieux scarabée qui lui demanda : qu’as-tu appris sur ton chemin ?

J’ai appris, dit Obstinée ce qui est en mon pouvoir et ce qui ne l’est pas ; que les autres ne sont pas la source de mes joies, de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires ; qu’il y a en moi des choses que je  peux améliorer et d’autre qui me  résistent et que c’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

C’est bien, dit l’Ancien.

Maintenant, dit Obstinée, je suis fatiguée de combattre contre tout, contre tous, contre moi-même. Quand trouverais-je le repos ? j’ai envie de tout abandonner, de cesser le combat, de lâcher prise.

C’est justement là ton prochain apprentissage, dit Aimé. Avant d’aller plus loin, de retrouver ton royaume, retourne-toi et contemple le chemin parcouru.

Obstinée se retourna et vit dans le lointain flotter des messages comme : « accepte toi toi-même, accepte les autres, accepte le monde ».

Quand on est dans le combat, dit l’Ancien  on devient aveugle. Elle se remémora alors  toutes les étapes franchies et prit conscience de ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, ses vieux démons. Elle prit conscience qu’en étant en accord avec elle-même, elle n’avait rien à reprocher aux autres, qu’elle pouvait accepter et aimer les habitants du Royaume tels qu’ils sont, que le monde n’est ni gai ni triste, il est là, il existe.

Chaque défi offre l’opportunité de découvrir un sens profond de la vie ; chaque défi peut-être une passerelle vers quelques choses de plus beau, poursuivi Aimé.

Un profond sentiment de plénitude envahi Obstinée.

Tu es prête maintenant à franchir le dernier seuil, dit l’Ancien ; celui de réveiller les cœurs endormis. Va ! Et le vieux Scarabée disparu.

Obstinée rejoint ainsi MOIDABORD. Toutes les ouvrières se réjouirent du retour de leur Reine, car sans elle, elles étaient perdues.

Obstinée choisi le jour de l’élection pour réunir toute son équipe autour d’un bon repas et ensemble, mirent en avant l’importance de prendre soin de soi, de prendre soin de l’autre ; elle avait pris conscience que la joie de vivre pleinement tenait plus dans la relation à soi et à l’autre que dans le fait d’avoir 3 Roumifs au guide des Logis.

De ce grand jour, naquit la revue : «Tress-Aimé » dont voici en exclusivité, le résumé du 1er numéro:

Prendre soit de soi…………………

  • c’est prendre en compte ses propres besoins pour « éviter » d’utiliser » l’autre comme excuses pour s’oublier
  • c’est écouter ce qui se vit au fond de nous, découvrir cette flamme qui a besoin d’être entretenue pour continuer à « illuminer ».
  • c’est accueillir et accepter ses propres limites, reconnaître que l’on a besoin de temps pour soi, de ressourcement, déposer « ses bagages », s’enraciner dans l’ici et maintenant.
  • C’est accepter son impuissance, accepter de laisser l’autre suivre son chemin même si notre avis est différent.
  • C’est se remettre en question, reconnaître que nous avons le droit à l’erreur ; elle sera transformé en expérience d’apprentissage car, vouloir être parfait, le meilleur, ne s’autoriser aucune erreur, être conforme à ce que les autres attendent, être fort, nous fait oublier de laisser une large place à l’Etre (fourmi ou non).

 

Pour mieux prendre soin de l’Autre :

  • c’est avant tout éviter d’instaurer une relation de contrôle, de pouvoir.
  • C’est l’accompagner sur son chemin en l’invitant à regarder ce qui est beau en lui, l’inviter à retrouver la pulsion de vie qui l’anime, c’est l’aider à voir en lui tout le personnel qui s’y trouve ; être stimulateur de ressources !
  • C’est donner de l’importance à ce qu’il partage, valoriser ce qu’il apporte à la relation, offrir une écoute chaleureuse, ne présence « aimante », marcher à ses côtés.

 

De toute leur vie, les Moifourmis n’avaient ressenti une telle chaleur. A mesure que les journées passaient, ils ressentaient de plus en plus la flamme de l’amour ; ce qui aida à faire tomber les écailles de leurs yeux. La vie fut remplie de lumière. Ceux qui réussirent à se libérer de leur grand Moi purent ressentir le joie de la vie dans laquelle règne le Toi.