On raconte que, sur la planète « GAYA »,  la vie y deviens de plus en plus pénible. Les habitants, dépérissent sans en comprendre les raisons

On raconte aussi, qu’au fin fond d’une forêt, vivrait un village « d’irréductibles » qui consommeraient une potion somme toute « magique » ce qui les rendrait particulièrement rayonnant.

N’en pouvant plus de cette vie devenue insipide, Excès, un valeureux guerrier, décide de partir à la conquête de ce village et découvrir ainsi leur fabuleux secret. Il deviendrait un héro,  serait aimé et reconnu par tous car apporterait à nouveau la joie.

Il prit un sac remplit de vivres, d’objets  lui rappelant d’où il venait et se mit en route.

Voilà 3 jours déjà qu’il marchait vers l’inconnu. Il traversa vallées et collines sans trouver ni forêt, ni village, ni âme qui vive.

 Il s’était mis en route avec un grand désir d’aventure, mais une déception commençait à poindre dans son esprit. Il fini par se demander si cela valait vraiment la peine de tant se fatiguer. Il n’avait plus rien à manger dans sa besace ; que les objets emportés ; il eu le cœur gros.

 C’était presque le crépuscule. Cherchant un lieu sûr pour passer la nuit, il trébucha sur une souche d’arbre déraciné. Zut de zut ! Qu’est-ce tu avais besoin d’être dans mon chemin bougonna t il.  C’est alors qu’une odeur de feu lui parvint. 

  • Serais-je arrivé au village ?  se demanda t il tout excité. Pourtant, il n’y a pas de forêt ici s’interrogea t il !

Sa démarche se fit précipité malgré une vive douleur à la cheville. Comme il approchait, il vit l’ouverture d’une grotte et quelqu’un assis. Il n’en croyait pas ses yeux. Une vieille dame était assise devant un feu de bois en train de faire cuire quelque chose.

  • Entre, entre valeureux guerrier ! Tu as faim ? 
  • Oh oui ! ma besace est vide et je suis sur les routes depuis déjà 3 jours. 

D’un geste de la main, la vieille dame invita Excès à s’approcher. Il tremblait de tous ses membres,  claquait des dents ; Il mit un moment à se remettre. Impossible d’articuler le moindre mot. C’était la première fois qu’il éprouvait cela. Justesse, c’est ainsi que se prénommait la vielle dame, continuait à faire sa cuisine, imperturbable. Il s’étonnait quelle ne lui ai rien demandé sur ses intentions et décida de rompre le silence.

  • je cherche à me rendre dans ce village où, une potion magique aide les habitants à être toujours heureux. En aurais-tu entendu parler ? 

Justesse sourit.

  • Oui, j’en sais quelque chose…
  • Dis-moi, vieille dame, est-ce près d’ici ? 
  • Assieds-toi d’abord et mange. 

Après le repas pris à la hâte, il ré enchérit.

  • dis-moi vielle dame, est-ce près d’ici ? je dois savoir vite !
  • Je vois que le repas t’as été propice !  tu pourrais chercher des jours et des jours, tu ne trouverais rien parce que tu ne cherches pas comme il faut ! 

Excès devint rouge de colère. Ses mâchoires se crispèrent, son rythme cardiaque s’accéléra ainsi que sa respiration. Il se raidit .Personne n’avait encore osé lui tenir tête.

  • je ne retournerai pas d’où je viens sans cette potion, dit il d’un ton menaçant. 
  • Ecoute, jeune homme, je vois que tu es très fatigué ; je te propose une bonne nuit de sommeil et nous en reparlerons demain .

 Après avoir tourné un long moment comme une toupie, il s’assoupit. Quand il ouvrit les yeux, il faisait encore nuit. Il sortit et vit Justesse assise sur une grosse pierre. La colère étant passée, il s’approcha pour lui parler.

  • Fera t il bientôt jour ? 
  • Oui, dans pas longtemps. Tu veux partir ? 
  • Pas encore ! je voudrais reprendre la conversation… est ce que tu veux m’aider ? 
  • Valeureux guerrier, j’aide tout le monde car tu dois savoir que l’homme à besoin même du moindre insecte.
  • Pourtant, hier soir …
  • Hier soir, la hâte t’as rendu agité et il était impossible de discuter. Dans ce cas, le silence est le meilleur remède. Sous l’emprise de la colère, on dit des choses qui ne conviennent pas.
  • Je suis plus calme maintenant ; c’était sûrement la fatigue ! Que sais-tu de ce mystérieux village ?
  • Il est le plus beau royaume au monde.
  • Comment est-ce possible ? Là, d’où je viens, c’est magnifique !
  • Pourtant tu es ici à la recherche de quelque chose que tu ne semble plus trouver chez toi !

Excès fut perturbé par les propos de Justesse. Il n’avait pas réfléchi de la même façon.

  • Pour accéder à ce merveilleux royaume, il te faudra progressivement te séparer de tout ce que tu as mis dans ta besace.
  • Impossible ! c’est tout ce que j’ai qui me rappelle d’où je viens !
  • Là où tu vas, ces objets ne te seront plus vraiment indispensables.
  • Là, vielle dame, tu me brouilles les idées, je ne comprends rien.

Justesse sourit.

  • Ecoute-moi, valeureux guerrier, je vais t’expliquer les choses simplement. Dès l’instant où tu quitteras cet endroit, tu t’engageras sur un chemin menant vers la forêt. Arrivé à l’orée du bois, tu auras le choix : y pénétrer où rebrousser chemin. Saches que, dès qu’un pied sera déposé sur l’humus, il ne te sera plus possible de revenir en arrière. Voici un petit sac contenant 9 graines. Pendant ton voyage, si tu as besoin d’aide, tu peux en utiliser 2 ; les 7 autres sont à garder bien précieusement ; elles te serviront à ton retour. Voici un autre avec un peu de nourriture.
  • Des graines ! à quoi diable vont-elles me servir ? à faire pousser des arbres ? n’y en a-t-il donc pas assez ? ?

Et il  ri à en pleurer.

  • C’est bien valeureux guerrier, je vois que l’humour t’anime ! la forêt que tu vas traverser peut être asociale, parfois sans règle et ces graines te seront utiles … ainsi que ton humour.
  • Bien, vieille dame ! merci pour ton hospitalité. Il prit sa besace contenant ses objets, y mis le petit sac de graines et celui de nourriture.
  • Est-ce tout ce que j’ai à savoir ?
  • Vas ! valeureux guerrier ! je n’ai pour l’instant rien d’autre à te partager. Tu feras ton expérience ; j’ai confiance en ton intention pure cachée sous cette armure de guerrier !

Sifflant  et chantonnant, Excès se mit en route. Plus il pensait à la bonté de la vielle dame, plus le chemin s’ouvrait devant lui et sans s’en rendre compte, mit un pied sur le sol de la forêt. Il s’arrêta net. Plus moyen de reculer ; les arbres venaient de refermer l’entrée.

  • Impressionnant ! Maintenant, pas d’autre choix que d’avancer ! Si seulement j’avais quelques indices, une carte ou une indication quelconque sur l’endroit à trouver !

Il marcha sans trop savoir où il allait puis, fourbu, les pieds douloureux, s’arrêta, s’adossa à un arbre et mangea 1 peu de ce que la vieille dame lui avait gentiment préparé. Après s’être rassasié, il s’assoupit. A son réveil, il faisait déjà nuit. Se remettre en route maintenant n’était pas prudent. Il se fit un lit douillet avec la mousse, prit sa besace tout contre lui et se laissa aller dans les bras de Morfée.

De petits jacassements le fi sortir de son sommeil. Un écureuil fouinait dans sa besace. Il se leva d’un bond, la récupéra  mais le sac de graines tomba sur le sol. L’écureuil sans empara et disparu.

  • Le sac de graines ! le sac de graines ! petit voleur ! je te retrouverais et te transformerais en chair à pâté !

Excès était furieux mais surtout honteux de s’être laissé berner par un écureuil.

Une petite voix résonna des hauteurs.

  • Salut l’ami ! j’suis ici ! lève les yeux ! tu me vois ?
  • Petit voleur ! attend que je t’attrape !
  • Hihihi ! pas nécessaire ! je descends ! je m’appelle « Manque » et vit dans cette forêt.

Le petit écureuil vint rejoindre Excès le sac de graines dans les pattes.

  • C’est à toi, je pense ?
  • Oui ! je l’ai reçu d’une vieille dame qui m’en a donné la garde me disant que ces graines pourraient m’être utiles durant mon voyage.
  • Et où vas-tu comme cela ?
  • T’es bien curieux ! rends-moi le sac et laisse-moi tranquille !
  • Très bien, valeureux guerrier mais saches que, plus loin dans la forêt, les arbres deviennent de plus en plus serrés, plus sombres, la lumière du jour a plus de mal à passer et des tas de créatures en plus de buissons et plantes épineuses se mettront en travers de ton chemin si tu va trop loin.

Excès s’empara du sac, dédaigna les informations de Manque et continua son chemin ne comptant que sur sa force. Au fur et à mesure qu’il avançait, il entendit des bruits bizarres, la végétation semblait l’épier. De moins en moins rassuré, il ralentit le pas et s’arrêta. Il sentit soudain quelque chose enlacer ses pieds puis ses jambes et bientôt tout son corps fût prisonnier. Plus moyen de bouger. Qu’allait-il devenir ? il allait mourir étouffé et dévorer !lui si courageux d’ordinaire, n’en menait pas large. Il repensa à la vieille dame, au sac de graines.

  • Mais oui, les graines ! je suis coincé ! comment attraper le sac !

C’est alors, que du haut d’un arbre, il entendit un comme un murmure.

  • Et l’ami ! c’est moi, Manque ! j’peux t’aider ?

Excès commençait à suffoquer ; plus possible pour lui de dire quoi que ce soit. Alors, Manque pris son courage à deux « pattes », descendit précautionneusement pour ne pas lui aussi se faire happer par les ronces carnivores. Il réussi à attraper le sac de graines mais quoi en faire. Excès devenait de plus en plus violet ; il fallait agir ! alors, il pris au hasard une graine de lumière qui, en tombant sur le sol, se transforma aussi vite en un beau nid de fourmis qui, vint contourner les ronces, et commencer à les dévorer. L’étau se desserra autour d’Excès qui pu se libérer et à nouveau respirer. Le souffle court, il réussit à remercier le petit écureuil.

  • RESPIRER ! RESPIRER ! sentir mon souffle ! sentir mes poumons se remplir d’air, d’oxygène et toutes mes cellules  se dilater, se  vivifier ! comme c’est bon ! de  l’air !  je sens doucement mes tensions, mes soucis, mes angoisses s’estomper ; mon corps se pose un peu plus à chaque expiration ! MERCI ! MERCI d’être VIVANT ! comme j’apprécie cet instant !

Excès eu une pensée bienveillante pour la vieille dame et cru même la voir lui sourire

Manque remarqua ce qui se passait chez son ami. Il s’assit à ses côtés et lui aussi, dit oui à l’ inspir, merci à l’expir ; merci à l’inspir, oui à l’espir ; il senti son corps  s’ouvrir et se gonfler ; prit  conscience des sensations que cette ouverture lui procurait à tous les niveaux.  Se poser dans son petit bassin d’écureuil ! comme c’était bon !

  • ça respire en moi , Merci la vie !

Jamais auparavant,  ils ne s’étaient rendu compte de l’inestimable valeur de leur respiration ; ça faisait partie des routines ; mais là ! Quelle expérience !

Ils passèrent ainsi du mode automatique au mode conscient. Ils s’amusèrent même à jouer avec ! rapide, lente, du ventre, des côtes ou du thorax, par le nez ou la bouche , s’ancrer, se connecter à la terre Mère à l’expir, se grandir, se connecter au cosmos à l’inspir… une vrai révolution ! Respirer ! La magie du souffle ! Exister, oser aller vers soi-même, oser dire OUI à l’Etre véritable qui vit au plus profond de nous ! Voilà ce qu’ils découvraient !

 C’est dans une belle complicité et dans la bonne humeur qu’ils décidèrent de poursuivre ensemble le voyage.

Excès et Manque  marchaient, marchaient sans trop ressentir la fatigue, sans se rendre compte qu’ils étaient toujours épiés et que la forêt devenait de plus en plus dense, de plus en plus sombre. Sans trop savoir où ils se trouvaient, ils finirent par stopper leur avancée ; la fatigue et la faim  finirent par avoir raison de leur résistance. Cela devait faire plusieurs jours qu’ils cheminaient s’en s’être arrêter!

Excès sentait de plus en plus fort comme une présence à ses côtés ; une présence qui dégageait une vibration encore méconnue et… toujours pas de village à l’horizon.

 Ils se mirent à la recherche de quelques baies et autres substances que la forêt voulait bien leur offrir mais ce fut peine perdue. Les jours passaient et nos 2 compères finirent par se séparer dans l’espoir d’augmenter leur chance.

Excès maigrissait à vu d’œil ; ses forces diminuaient ; il cheminait péniblement accablé par la faim mais aussi par la charge dans sa besace ; non seulement elle était lourde mais elle était devenue encombrante ! Il devait de plus en plus souvent se reposer. Il en était irrité au plus haut point et, voilà qu’à son inconfort, venait s’ajouter une tempête. Il devait rapidement trouver n abri.

Il s’arrêta, regarda derrière lui et pour la première fois, il la vit ! Elle était là ! la présence qu’il avait sentit ! la forme se précipita derrière un arbre. Elle était évidente et énorme !

 Son corps fatigué fut envahi d’appréhension en constatant qu’elle ne l’avait pas abandonné. Il se devait de rester en alerte, sans savoir encore jusqu’à quel point. Le vent s’éleva rendant sa progression encore plus pénible. Les arbres , la végétation étaient déchainées. Un voyageur moins encombré aurait probablement eu plus facile à se déplacer dans ces mêmes conditions !

Excès n’avait jamais rien vu de semblable. La température changea rapidement, la pluie se mit à tomber et il comprit qu’il devait rapidement se mettre à l’abri. Toujours sur le qui-vive, il découvrit avec stupéfaction que la sombre créature  se rapprochait de lui malgré le vent et la pluie battante. Quelle rapidité !

  • comment peut-elle se déplacer si vite malgré le vent ?

Tout  se gâtait à vive allure. Il continua d’avancer mais du se résigner en s’allongeant au sol, tout mouvement vers l’avant étant devenu impossible. La pluie l’attaquait violemment. Excès se sentait en danger. Il regarda derrière lui mais le brouillard et la pluie battante empêchaient toute vision claire. Il pouvait tout de même apercevoir la silhouette vert foncé droite comme un  « I » dont les yeux rouges flamboyaient. Elle avançait lentement, nullement retardée par la tempête. Excès était terrifié !

La voix de Justesse se fit entendre :

  • utilise ta 2ème graine !
  • Mais oui ! les graines ! bien évidemment ! comment n’y ai-je pas pensé plutôt !

 Malheureusement, Excès ne parvenait pas à extraire le sac de graines de sa besace.  Il  sentit soudain son corps se soulever par la force violente du vent.

  Il déployait d’immenses efforts pour éviter d’être balayé par la force incroyable de la tempête. Son corps meurtri devenait de plus en plus douloureux ; marqué dans sa chair et dans son cœur, il se mit à pleurer prêt à tout abandonner. Le bourdonnement des éléments déchaînés était de venu assourdissant !

Alors, Il s’enfonça encore plus dans le sol et, par la force de sa volonté, enfonça ses orteils dans l’humus, s’agrippant d’une main à une racine tenace et tenant son sac de l’autre. Il gisait et pouvait à peine ouvrir les yeux puisqu’il devait les protéger du vent et de la pluie. Mais il sentait cette vibration particulière très près de lui. Où la silhouette se trouvait-elle ? Chacune des cellules de son corps vibrait à un point encore plus fort que lorsqu’il était prisonnier de la plante carnivore.  De peur ? Oui  et non ! Sa volonté de survivre et de combattre la situation dominait tout.

 La voix de Justesse se fit entendre comme un immense soulagement.

  • Excès, abandonne ton bagage !

Il savait qu’il devait le faire, sinon la mort l’attendait. Il lâcha le sac et tout son contenu fut emporté par la tempête. Tout les objets le reliant à son passé mais aussi le sac de graines. Il aurait pu croire que l’enfer se déchaînait autour de lui.

Il faisait tellement noir qu’Excès n’y voyait rien. La main qui s’agrippait à la racine commençait à lâcher prise sous la pression de la pluie et du vent. Son bras s’engourdissait et il avait du mal à maintenir sa position.

Rien ne semblait toucher la « chose » sinon peut-être le manque de visibilité. Elle s’approchait d’Excès et commençait à croire que le sort lui était favorable. Elle était déterminée à terminer le travail commencé par la tempête et se préparait à déchiqueter le corps d’Excès en mille morceaux. Elle attaqua avec force et détermination mais rata son but. Excès l’avait entendu mais n’eu le temps de réagir. Elle s’abattit sur son dos avec la force d’une armée d’hommes vigoureux. Il hurla de douleur et repassa  en un instant tout son histoire de vie A ce même moment, une graine s’échappa du sac.

Dans un éclair de lumière blanche, la silhouette fut repoussée par une force terrible. Ce fut comme si des millions d’aiguilles perçaient sa carapace verruqueuse.

A tout le moins stupéfait, l’horrible forme était pour l’instant terrassée par la force qui l’avait projetée avec tant de puissance. La chose puante et verdâtre, étendue sur le sol, commença à se dissiper.

  • Je n’en ai pas terminé avec toi, valeureux guerrier ! nous nous reverrons un jour.

Ecxès regardait maintenant la créature dans les yeux

  • Je sais !

Il savait que sa mort était symbolique mais il savait aussi que la bataille avait été réelle. Il trembla à la pensée que le combat aurait pu résulter en une issue différente. Il aurait pu périr et se dissiper dans l’obscurité. Il était heureux que cela soit terminé.

La tempête se calma . Excès ressenti soudain une chaleur derrière lui et pu voir le vacillement d’une flamme discrète.

Justesse se tenait non loin de lui activant un feu.

  • Tu as été très courageux ; maintenant tu es prêt pour l’ultime voyage.

La forêt devint de plus en plus accueillante. Excès put reprendre des forces et ses blessures se cicatriser. Les propos de Justesse tournoyaient dans sa tête. Mais là, dans l’instant, ses sens en éveil, il fut surpris de constater à quel point son corps était réceptif à ce que lui offrait son environnement.  Sa certitude d’exister s’enracinait dans sa réalité physique : dans la contraction de ses muscles et dans leur détente, dans l’inspir et l’expir, mais aussi dans ce lien puissant avec l’énergie de la terre mère et du cosmos.

Epuisé par son terrible combat pour la vie, Il fini par s’assoupir allongé sur un tapis de mousse et sous un ciel rempli d’étoiles tandis que Justesse et Manque veillaient autour du feu.

A l’aube, une agréable odeur de nourriture le réveilla. Dans cet état entre veille et sommeil, il réalisa qu’il était à nouveau seul, le sac de graines déposé à ses côtés et un festin royal  préparé à son attention.

Face à lui-même, Excès savoura les mets délicatement cuisinés avant de s’adosser à un arbre pour méditer sur ce qui lui arrivait.

Depuis le jour où il avait prit l’initiative de partir à aujourd’hui, il avait changé. Il se sentait grand et petit, fort et fragile, chercheur perdu et explorateur ravi.

Tout se mélangeait dans sa tête.

 Et Justesse ? Manque ? la « bête »? qui étaient-ils ? la plante carnivore, la tempête, les objets trop lourds laissés en court de route ! le sac de graines !

Tant de questions en attente de réponses ! Il resta assis ainsi pendant plusieurs jours méditant sur sa vie, le pourquoi du comment ; qu’avait-il fait pour en arriver là !

il entendit alors la douce voix de Justesse lui murmurer :

  • Arrête de chercher à vouloir trouver à tout prix. Commence à chercher en t’abandonnant à ce qu’il va t’être donné de trouver. Dans ce silence intérieur, le temps prend son temps, ce temps nécessaire pour laisser mûrir, pour laisser grandir ce qui s’invite à l’être.

Ces mots commençaient à faire sens.

 Justesse, Manque, la sombre Créature ne faisaient ils pas tous partie intégrante de lui ? N’avaient-ils pas toujours été présents ? Les objets encombrants n’étaient ce pas tout ce qui lui servait à satisfaire son égo ?

Il se leva d’un bon le cœur bouleversé par ce qu’il venait de découvrir.

A cet instant, les arbres se mirent à lui ouvrir le passage. Les premiers rayons de soleil apparurent. Ce qu’il avait maintenant sous les yeux lui coupait le souffle.

 Un petit oiseau perché sur une branche proche déploya ses ailes et laissa entendre de joyeux gazouillis. Toute la création s’éveillait. Jamais à ce jour il n’avais vu le lever du soleil de cette façon. Quelle beauté, quelle paix ! il était arrivé ! le voilà ce village tant cherché ! Des larmes de joie coulèrent sur ses joues.

Il avança d’un pas enjoué et fut accueillit par tous les habitants qui l’invitèrent à entrer « chez lui ». Des banderoles colorées décoraient chaque maison. On pouvait y lire par exemple: maison du bon pour soi, maison de la bienveillance, maison de l’instant présent…

Excès était bouleversé ; en acceptant de passer « le seuil », d’entrer dans sa « maison », il prit conscience que, « entrer chez lui, » correspondait à se connecter à son propre corps, se mettre à l’écoute de ses besoins, oser en explorer chaque parcelle et ainsi faire rayonner en lui et autour de lui cette puissance du vivant.

 Il réalisa que « la potion magique » de ce village c’était ça, être en lien intime avec soi, en connexion avec ses ressources, ses richesses intérieures, la vie en soi.

Un grand festin était prévu pour son arrivée. Une bonne odeur de feu de bois et de nourriture  titilla ses narines. Près du feu, Justesse faisait mijoter de bons petits plats.

  • Bienvenue au village de la sensation valeureux guerrier ! comment te sens-tu en cet instant ?
  • Je renoue avec un bonheur simple : le plaisir du mouvement, de ce qu’il me procure comme effets agréables quand je suis dans la bienveillance à l’ égard de mon corps.

Jusqu’à cette traversée de la forêt, Il existait à travers la confrontation, la lutte, au point de le meurtrir, de le blesser. Etre valeureux, c’était avoir des cicatrices, des marques faites dans la chair symbolisant mes victoires, ma supériorité.

Aujourd’hui, mon corps est un allié où tout est possible : pétillement, puissance, élégance… je me surprends à observer qu’en cultivant cette qualité d’attention, en m’autorisant à ajuster les manifestations présentes, cette dynamique de vie en moi devient une force à tout instant disponible.

  • Bien valeureux guerrier ! te voilà riche et ton royaume est grand!
  • Je retourne le cœur gonflé et l’envie de partager ce fabuleux trésor avec tous les habitants de GAYA pour que chacun à sa façon, renaisse à la vie.

Une question vielle dame avant de prendre la route :

  • Pourquoi 9 graines de lumière ?